Accueil >>
HOME
10/11/2023
Dominique Duvivier : « Engranger de l’expérience »
L’équipe de France masculine de volley assis participe à la Coupe du monde qui réunit 13 sélections au Caire du 11 au 18 novembre. L’entraîneur des Bleus, Dominique Duvivier, décrypte les enjeux de cette compétition, à dix mois des Jeux Paralympiques de Paris 2024.
Comment l’équipe de France a-t-elle préparé cette Coupe du monde ?
Nous avons effectué un stage de trois jours début octobre en Italie avant les Championnats d’Europe A (auxquels la France ne participait pas, elle évolue à l’échelon inférieur), ce qui nous a permis de faire beaucoup d’oppositions. Nous avons ensuite enchaîné par un stage un peu plus long de cinq jours à Vichy, où on a pu continuer à travailler sur nos systèmes et nos organisations collectives.

Peux-tu nous détailler la formule sportive de cette Coupe du monde ?
Il faut d’abord bien la différencier d’un Championnat du monde, dans la mesure où sur un championnat du monde, c’est le ranking mondial qui permet aux équipes de se qualifier. Là, c’est une compétition sur invitation, ce qui nous permet d’y être et d’affronter les meilleures nations au monde. Pour ce qui est de la formule sportive, comme le Nigéria a fait défection au dernier moment, il y a trois poules de trois équipes, une de quatre dans laquelle nous sommes, en compagnie de l’Allemagne, de l’Ukraine et de la Grande-Bretagne. Les deux premiers de chaque poule sont qualifiés pour les quarts de finale, les autres jouent des matchs de classement de la 9e à la 13e place. Le mieux classé de la compétition obtiendra un ticket pour les Jeux Paralympiques de Paris 2024, sachant que l’Iran et le Brésil ont déjà le leur, nous aussi en tant que pays organisateur. Des équipes comme l’Allemagne, l’Ukraine, la Chine ou l’Egypte sont vraiment concernées par ce ticket olympique, sachant que d’autres peuvent aussi jouer les trouble-fête.

Quels sont les objectifs de l’équipe de France ?
Nos objectifs sont de nous confronter aux meilleures nations du monde, mais également à des équipes qu’on n’a pas l’habitude d’affronter. Manque de bol, le tirage au sort fait que nous sommes dans une poule avec que des sélections européennes contre lesquelles nous sommes habitués à jouer. On aurait aimé affronter des grosses équipes internationales, comme l’Iran et le Brésil, il faudrait faire une énorme performance en poule pour avoir la chance de rencontrer ces équipes, mais vu notre ranking mondial, ça va être très compliqué. Peut-être qu’on aura l’occasion si on joue les matchs de classement de croiser des formations comme le Rwanda, l’Irak, l’Egypte… L’objectif prioritaire est d’engranger de l’expérience, on a besoin de faire beaucoup de matchs pour stabiliser notre jeu, de nous confronter à un niveau international qui n’est pas celui du Championnat de France, c’est plus haut, plus fort, plus vite ! C’est en s’y confrontant qu’on peut s’y adapter petit à petit. On est aussi là pour montrer que le volley assis en France, même s’il est encore assez naissant par rapport aux grosses nations, s’inscrit dans la durée. Enfin, on veut prendre le maximum de points possible pour remonter dans le ranking mondial.

"Une étape intermédiaire vers les Jeux"

Justement, où se situe l’équipe de France aujourd’hui ?
Nous sommes à la 38e et dernière place du ranking mondial, ce qui s’explique notamment parce que pour marquer des points, il faut participer aux Championnats d’Europe, à la Coupe du monde, aux Championnats du monde, à un tournoi de qualif olympique ou aux Jeux. Or, on n’a participé à aucune de ces manifestations, donc on n’a pas de point, ce qui explique ce classement. Le fait de participer à cette Coupe du monde et aux Jeux va nous permettre de remonter dans ce ranking, c’est une bonne chose. On va voir vraiment où on se situe si on a la chance de jouer des équipes comme l’Irak ou le Rwanda qui se trouvent aux alentours de la 20e place mondiale. Notre objectif est d’aller les titiller et de faire jeu égal avec ces équipes.

Peux-tu nous parler de vos adversaires dans la poule A ?
On débute dimanche par un match contre l’Ukraine, une équipe qu’on a jouée au tournoi d’Assen en juillet. Ils sont physiques avec des attaquants très forts, ils sont stables en réception, ont une très bonne régularité de service, ils ne doutent jamais. Ils ont été demi-finalistes des championnats d’Europe en Italie, ils sont donc sur bonne dynamique et comme d’autres, ils viennent chercher leur qualification pour les Jeux, si bien que dès le début contre nous, ils vont mettre leur six de base et sans doute le garder tout le match. Ensuite, on affrontera la Grande-Bretagne, un adversaire que nous avons battu 3-1 au tournoi d’Assen et qu’on a affronté plusieurs fois ces deux dernières années. Ça va sans doute être un match acharné parce qu’on commence à bien se connaître, il faudra être à 100% de nos capacités pour les faire déjouer, sachant qu’ils sont plus dans notre profil de jeu, avec des joueurs moins physiques qui, comme nous, ont parfois des temps faibles, il faudra tenter d’en profiter et limiter les nôtres pour essayer de les battre. Enfin, on termine par l’Allemagne vice-championne d’Europe, battue par la Bosnie 3-2 en finale. On les a joués aux championnats d’Europe 2021 en Turquie et au tournoi d’Assen, on a chaque fois souffert pour tenir les impacts au service et en attaque. Ils bougent beaucoup plus que les Ukrainiens, il y a plus de recherche dans le jeu, c’est une équipe difficile à jouer et qui peut prétendre au podium de cette compétition. C’est un peu un match de gala pour nous.

Cette Coupe du monde a lieu dix mois avant le coup d’envoi des Jeux Paralympiques de Paris, où en êtes-vous dans votre tableau de marche ?
C’est clair que ce tournoi est une étape intermédiaire vers les Jeux. On a la chance de pouvoir jouer des nations très fortes, ce qui va justement nous permettre de voir où on en est et la marche à gravir pour être le mieux possible dans dix mois. L’idée va être d’éviter les gros trous d’air qu’on a pu avoir par le passé contre ces équipes, synonymes de grosses séries de services, et de proposer un jeu un peu varié et atypique, parce qu’on est petits par rapport à nos adversaires qui ont de grands gabarits. Il va donc falloir apporter de la variété dans notre jeu, utiliser davantage les 2 mètres, passer un peu plus par le jeu au centre pour faire bouger nos adversaires. C’est notre programme de la semaine ! Au niveau du groupe, on a la chance que la Fédération nous ait donné les moyens de faire des stages à seize pendant quasiment toute l’année, ce qui nous a permis de voir l’évolution des joueurs. Depuis février, le groupe n’a pas beaucoup évolué, il n’y a eu qu’une seule arrivée. Pour cette Coupe du monde, a été obligés de retirer deux joueurs, et à l’issue de la Bronze Nations League en décembre à Caen, on passera à douze pour finir la préparation des Jeux Paralympiques. On a essayé de construire le groupe le plus homogène possible avec des joueurs interchangeables.



Programme et résultats de la Coupe du monde au Caire :

Poule D

Dimanche 12 novembre, 16h : Ukraine/France
Lundi 13 novembre, 13h : Grande-Bretagne/France
Mardi 14 novembre, 16h : France/Allemagne