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(Miniature) L’interview bleue: Elsa Descamps
Elsa Descamps (à gauche), entre David Martin et Clémence Vieira
26/02/2021
L’interview bleue: Elsa Descamps
Après plusieurs saisons en salle, notamment aux Etats-Unis du côté de Las Vegas, et après avoir goûté à l'équipe de France en 2018 et 2019, Elsa Descamps a décidé de tenter l'aventure dans le beach-volley. La joueuse de 24 ans, de retour d'un stage à Tenerife, nous raconte son parcours et les raisons de son choix.
Ta mère était volleyeuse, ton père était handballeur, as-tu essayé d’autres sports avant de te mettre au volley ?
J’ai essayé le basket pendant deux entraînements et j’ai vite su que ce n’était pas pour moi (rires). Ensuite, j’ai fait un peu de natation pendant quelques années, j’ai commencé par ça. Mais rapidement, je me suis mise au volley et je n’ai plus fais que ça !

Ton début de parcours a été classique, avec des apparitions dans les équipes de France de jeunes, jusqu’à ce que tu décides d’aller jouer aux Etats-Unis, en championnat universitaire. Pourquoi ce choix ?
J’avais envie de jouer dans un cadre qui permettait de continuer à la fois le sport et les études. En passant pro, en France ou à l'étranger, ce n’est pas toujours facile de poursuivre ses études, ce n’est pas toujours parfaitement aménagé. Les Etats-Unis, c’était un projet intéressant. J’ai contacté différentes universités pour en trouver une qui pourrait me convenir, avec une bourse bien sûr, parce que sinon ça aurait été trop cher. Las Vegas s’est présenté comme une très belle opportunité. Je me suis vraiment plu là-bas, j’ai pu continuer mes études, tout en performant bien dans le volley. C’était top, une superbe expérience !

Tu es restée quatre ans à Las Vegas, entre 2015 et 2019, un cursus complet, et ça s’est bien passé…
On a eu de très bons résultats les deuxième et quatrième années. En deuxième année, on s’est qualifié pour le tournoi final NCAA à 64 équipes, on a passé le 1er tour pour arriver dans les 32 meilleures, c’était un super parcours, on ne s’y attendait pas. En quatrième année, avec un nouveau coach et une équipe assez jeune, on a disputé le tournoi NIVC, qui est juste en dessous du tournoi NCAA, et on arrive jusqu’en demi-finale.

Au final, c’était une très belle expérience à vivre…
Oui, c’est très différent. Ce qui est bien, c’est qu’ils s’occupent beaucoup des athlètes. On pouvait choisir son emploi du temps, les profs étaient assez ouverts sur le fait qu’on ait des matchs à disputer, qu’on ne puisse pas être tout le temps là. Ils nous permettent de rattraper les cours ensuite.

"Le beach, ça m’attirait beaucoup"

Donc c’est clairement une aventure que tu pourrais recommander à une autre joueuse….
Oui, carrément, je me suis éclatée là-bas. J’ai même fait une cinquième année en étant transférée dans une autre université. Parce qu’on ne peut rester que quatre ans dans le système, sauf si on change de sport. Donc je suis partie faire du beach-volley (à Houston), parce que le beach-volley n’est pas considéré comme le même sport. Au final, ça a été une saison pratiquement blanche à cause du Covid, mais ça m’a beaucoup plu.

Voilà comment tu es arrivée au beach-volley, alors ?
J’aimais déjà le beach, j’avais déjà fait quelques stages avant de partir aux USA, avec David Martin, j’étais allée à Calvi. A mon époque, à Toulouse, il y avait le double projet, donc on faisait du beach tous les mercredis. Ça me plaisait vraiment, j’aimais bien cette idée de double projet. A Las Vegas, c’était impossible de continuer les deux sports, ça aurait été uniquement possible dans une université où il y a les deux programmes. Donc partir à Houston m’a aussi permis de savoir où je me situais sur le plan personnel, de savoir si je voulais continuer le beach ou la salle. Finalement, le Covid a rapidement mis un terme à la saison, puisqu'elle devait avoir lieu de février à mai 2020. Je suis rentrée en France, où j’ai repris la salle grâce à France Avenir 2024, avec qui j’ai fait toute la première partie de saison en Ligue A. Mais je me suis beaucoup questionnée en octobre-novembre et j’ai pris la décision de partir sur le beach-volley, où je prenais beaucoup plus de plaisir.

Pourtant, tu avais été appelée à deux reprises en équipe de France A, à l’été 2018 et à l’été 2019, donc c’est que tu affichais un potentiel intéressant…
Oui, ce n’était pas une question de niveau, c’est juste que la salle ne me plaisait plus autant. Il n’y avait plus la petite flamme ! Le beach m’attirait beaucoup, j’ai choisi cette voie-là.

"Je réfléchis encore un peu trop sur le terrain"

Et donc tu es partie en stage à Tenerife en février avec les équipes de France…
On ne devait rester que deux semaines avec Clémence Vieira, mais finalement, le staff nous a rajouté une semaine, parce qu’on s’était bien entraînées, ça valait le coup de continuer plutôt que de rentrer tout de suite à Toulouse. On était avec Placette-Richard et Jupiter-Chamereau. Au départ, il fallait qu’on se règle un peu par rapport au vent - surtout moi, car je n’ai pas encore beaucoup d’expérience en beach -, il fallait qu’on prenne nos marques, donc on était soit toutes les deux avec Clémence, soit avec les deux autres équipes. Et ensuite, la deuxième semaine, on a commencé à rencontrer d’autres nations, contre les équipes les plus jeunes, des U22 par exemple, comme l’Italie, la Finlande ou la Suisse. En troisième semaine, on a fait encore plus d’oppositions, on était vraiment avec d’autres équipes, la Norvège, la Pologne, etc. C’était vraiment top !

Et tu as été confortée dans ton choix…
Ça m’a confirmé que le beach me plaisait vraiment, même si j’ai encore une grosse marge de progression. Mais ça m’a donné un bon coup de boost !

Dans quels domaines dois-tu progresser ?
Le recul de bloc, déjà, beaucoup. C’est totalement différent de la salle. En tant que centrale, il faut que je travaille la réception. Pour le bloc déf’, j’ai un bon bloc, mais il faut aussi qu’on trouve comment travailler ensemble avec Clémence, ou avec la joueuse avec qui je serai dans le futur. Et je sais qu’en venant de la salle, je me pose encore beaucoup de questions sur le terrain, je pense que je réfléchis encore un peu trop.

Quelle est la suite du programme ? Tu vas continuer à t’entraîner avec Clémence Vieira à Toulouse ?
Oui, car Clémence joue habituellement avec Pia Szewczyk, mais Pia s’était fait un peu mal à la cheville, c’est pour ça qu’elle n’est pas venue à Tenerife. Donc on va voir ! Pour l’instant, la priorité va aux deux paires qui peuvent jouer une qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Et on ne sait pas encore trop quels tournois vont être organisés cette année.

Pour finir, quel conseil pourrais-tu donner à une joueuse qui hésiterait entre la salle et le beach-volley ?
Quand je faisais de la salle, j’avais demandé à faire quelques entraînements de beach pour voir si ça me plaisait vraiment. Il fallait aussi voir si les entraîneurs trouvaient qu’il y avait du potentiel ou si ce n’était vraiment pas la peine (rires). J’ai aussi fait une liste de pour et de contre, et j’ai parlé avec différentes personnes des deux domaines pour avoir différentes perspectives. En fait, il faut vraiment essayer les deux pour voir ce qui te plait le plus, où tu te sens le mieux. Il ne faut pas forcément rester bloqué sur un sport, parce que c’est ce que veut ton entourage. C’était un peu mon cas, certains n’ont pas compris mon choix au départ. Mais
il faut suivre son instinct !