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29/06/2020
Franck Lafitte : « Fier de mon parcours »
Après une dernière saison en Ligue A avec Paris, Franck Lafitte, 31 ans, a décidé de mettre un terme à sa carrière pour se consacrer à ses études de kiné. Le central international (126 sélections) explique son choix et revient sur ses treize ans au plus haut niveau.
Pourquoi avoir pris la décision de mettre un terme à ta carrière ?
La raison principale, c’est l’incompatibilité entre le sport de haut niveau et les études à « haut niveau », dans le sens où les études médicales sont dures et prenantes. En France, c’est très compliqué de mener un double projet comme ça, surtout quand tu es sportif professionnel. J’en ai pas mal bavé pendant trois ans, je commençais vraiment à être fatigué, donc il fallait faire un choix et je suis beaucoup plus serein sur ma reconversion en arrêtant le volley plutôt qu’en continuant : avec le calendrier que j’avais, le risque de me blesser ou de redoubler une année était vraiment important.

Ce rythme était-il devenu encore plus difficile à tenir du fait de la montée de Paris en Ligue A il y a un an ?
Pas vraiment, parce que même en Ligue B, vu qu’on avait l'ambition élevée de remonter tout de suite, le rythme était sensiblement le même qu’en Ligue A. En fait, au début, quand j’avais signé il y a deux ans, j’avais un espèce d’accord avec Paris qui faisait que j’étais plutôt remplaçant. C’était juste avant que le club descende, la conjoncture a finalement fait que je suis resté titulaire, et comme j’essayais de faire mon boulot du mieux possible et de rester performant au niveau volley, ça s’est plutôt bien passé, mais aujourd’hui, je ne me vois plus du tout faire ça, c’est trop fatigant.

Le fait que la saison n’ait pu aller à son terme à cause du Covid-19 t’a-t-il fait hésiter au moment de prendre ta décision ?
Non, parce que je l’avais prise il y a pas mal de temps. En fait, j’attendais mes résultats à l’école de kiné avant de l’acter, il fallait que je sois sûr de valider mon année pour obtenir le transfert de mon dossier à Montpellier. J’avais mis Dorian (Rougeyron, l’entraîneur parisien) au courant assez tôt pour qu’il prévoie le recrutement, il a été top d'attendre mes résultats, finalement, tout s’est bien passé.

Est-ce difficile de titrer un trait sur une carrière de haut niveau ?
C’est une décision de vie importante, donc aucune décision importante n’est facile à prendre, mais ça tombait un peu sous le sens par rapport à mon parcours et à mon état de fatigue. Surtout, j’avais vraiment envie de me concentrer à fond sur mes études pour être bien dans ma peau. Je sais que ma carrière est maintenant derrière moi, mais si je me retourne, je pense que j’aurais pu difficilement aller chercher plus que ce que j’ai obtenu sur ces treize années.

Justement, que gardes-tu de ces treize années ?
Je suis assez fier de mon parcours, ça a été treize années superbes, même s’il y a aussi eu des moments difficiles, parce que je me suis beaucoup blessé, il a fallu que je me relève plusieurs fois, mais ça m’a permis de mieux me connaître et d’évoluer en tant qu’homme. Donc finalement, je ressens pas mal de fierté de m’être relevé de ces moments, ça a été une belle leçon de vie pour moi et ça va me servir tout au long de ma nouvelle vie, après le volley-ball.

Quels auront été les moments les plus forts de cette carrière ?
Honnêtement, les moments en équipe de France. Je garde énormément de bons souvenirs, notamment de cet été 2015 qui aura été complètement incroyable sur tous les plans, ça restera LE moment fort. Après, en club, la remontée en Ligue A avec Paris sera aussi un super souvenir, parce que le défi était assez chaud, il y a aussi ma saison à Sète juste avant de monter à Paris.

Une carrière, c’est aussi beaucoup de rencontres, certaines t’ont-elles plus marqué que d’autres ?
Beaucoup de joueurs avec lesquels j’ai joué sont devenus des amis, c’est comme ma famille, donc c’est difficile d’en sortir certains plus que d’autres. Et même les joueurs ou les coaches avec lesquels ça ne s’est pas forcément très bien passé - même si d’une manière générale, ça s’est plutôt bien passé avec tout le monde - auront été utiles dans mon évolution. Après, ce que j’ai vraiment apprécié en équipe de France, c’est qu’il y avait une espèce d’unité, de moment de grâce, qui faisait que tout se passait pour le mieux, à la fois sur le plan humain et sur le plan sportif, ce sont des moments rares dans une carrière, c’est pour ça que j’en garde d’excellents souvenirs.

La suite maintenant pour toi ?
Je pars m’installer avec ma compagne à Montpellier, où je vais finir mes études, il me reste deux ans, et puis, après, je m’installerai, on verra…

Te verrais-tu évoluer dans le cadre de ton futur métier de kiné dans le sport de haut niveau ?
Je ne sais pas, parce que je n’ai pas forcément envie d'avoir la même vie que celle que j’ai connue en tant que sportif. Je pense que dans un premier temps, je vais prendre un peu de distance par rapport au sport de haut niveau, même si j’y reviendrai forcément, parce que mine de rien, tu ne peux pas avoir baigné autant de temps là-dedans et t’en éloigner totalement. Mais le temps le dira.

Tu vas en revanche retrouver quelques copains du côté de Montpellier, notamment Nicolas Le Goff, qui y jouera la saison prochaine…
Oui, c’est aussi pour ça que je descends. J’ai joué cinq ans à Montpellier, un à Sète, j’ai passé un an au CNVB, c’est un peu ma maison là-bas. La plupart de mes amis sont du coin et la vie est sympa.