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20/05/2026
Que sont-ils devenus ? Edouard Rowlandson
Après une double carrière en salle puis en beach, Edouard Rowlandson (37 ans) a connu diverses expériences professionnelles, dont une d’entrepreneuriat, avant de se lancer il y a un an dans l’immobilier aux Deux Alpes. Il raconte une reconversion qui n’a pas été toujours facile.
Avant de parler d’après-carrière, peux-tu nous citer les trois moments les plus forts de ta carrière ?
Ce sont plutôt trois périodes. La première, c’est celle avec mon seul club de Pro A (l’ancien nom de la Marmara SpikeLigue), l’Arago de Sète, où j'ai fait partie d'un collectif, au sein duquel j'ai vraiment vécu des années inoubliables, en l'occurrence Manu Ragondet, Baptiste Geiler, Marien Moreau, Justin Mistoco, Fabrice Bry, Jovica Simovski, Benjamin Toniutti… C'est plus l'aventure humaine que je retiens de cette expérience, avec beaucoup d'insouciance, de plaisir, qui nous permettait de sortir de temps en temps de belles performances alors qu’on était loin d’avoir le plus gros budget du championnat. Ensuite, forcément les années en équipe de France. Je me souviendrai toujours de ma première sélection au Venezuela en Ligue mondiale, devant 15 000 personnes, c'était marquant, et forcément de la médaille d'argent au championnat d'Europe en Turquie en 2009, avec une demi-finale d'anthologie contre la Russie (victoire 3-2), marquée par une série incroyable au service de Samica et des défenses à tout-va, avec Hubert Henno en libéro. Pour ce qui est du beach-volley, c'est clairement la période 2015-2016 pour tenter de se qualifier à Rio. On partait de loin avec Youssef (Krou) qui débarquait de la salle sans aucun background de beach, et on en a fini tout près de la qualif, en étant dans le top 15 pendant un bon moment, jusqu’à une blessure, une désinsertion du droit fémoral, qui m'a privé des terrains pendant six mois et nous a coûté cher. Même s’il n’y a pas eu la récompense au bout, on avait réussi en peu de temps à titiller le plus haut niveau.
Comment décides-tu d’arrêter ta carrière ?
Ça a été très frustrant, car c’était un moment où j'étais physiquement et mentalement super bien. En revanche, on traversait un moment compliqué, avec Youssef qui s’était blessé sur l’olympiade pour Tokyo, et surtout avec le Covid, si bien que financièrement, c'était devenu très dur pour nous, et particulièrement pour moi dans la mesure où j'avais déjà deux enfants. Je puisais dans mes ressources pour subvenir à nos besoins. Il a alors fallu que je trouve un travail pour combler le manque. Le problème, c’est que ça ne collait pas au système de la Fédé, donc soit je continuais, mais dans des conditions très précaires pour un père de famille, soit je sortais du système en trouvant mon propre chemin. C'est finalement ce stress financier qui a mis un terme même à ma carrière.
Comment as-tu alors basculé dans le « vrai » monde ?
J'avais la chance d'avoir obtenu un diplôme d'école de commerce en 2010, donc, je me suis mis à chercher un poste de commercial. J'ai pris pas mal de portes, j'étais confronté à des clichés, on ne me voyait pas travailler derrière un bureau après toutes ces années à voyager. Donc j'ai décidé de me former et je ne remercierai jamais assez cette formation, Iconoclass, qui proposait un apprentissage court avec une promesse de CDI à la clé. A condition d’aller le chercher, bien sûr. J'ai passé une quinzaine d'entretiens qui m’ont finalement permis d'avoir mon premier job en tant que commercial dans une start-up de la tech, on était alors en 2021. J’y suis resté six mois, puis neuf dans une autre start-up à Montpellier. C’étaient des jobs que je considérais comme alimentaires, parce que ce qui me faisait vibrer à ce moment-là, c'était de créer ma boîte. Du coup, en parallèle, je travaillais sur mon propre projet entrepreneurial, que j’ai finalement lancé, un concept de livraison de repas à destination des sportifs sur Montpellier. J’ai réussi à en vivre deux ans, j’ai découvert les joies et les difficultés de l'entrepreneuriat, et malheureusement, ça s’est terminé en liquidation en janvier 2025.
Comment as-tu réussi à rebondir après une telle expérience ?
Il y a eu beaucoup de remise en question. A un moment, on se rend compte que depuis l'arrêt du sport, on est sans cesse en train de se chercher, on se questionne énormément sur son identité. J’ai lu les témoignages récents de Nikola Karabatic et Steeve Mandanda qui parlent des jours d'après, on passe tous par des phases plus ou moins dépressives, au cours desquelles on se questionne : à quoi je peux servir ? Qu'est-ce qui peut me pousser à me lever le matin avec la niaque ? Et j’ai fini par avoir un alignement des planètes : j'ai toujours été attiré par le monde de l'immobilier - ma femme travaille dans cet univers – et je souhaitais évoluer dans un écosystème qui me plaisait, celui de la montagne. Un contact du volley m’a alors mis en relation avec Cimalpes, une agence spécialisée dans l'immobilier de montagne haut de gamme, avec un ADN très sportif parce qu'ils ont leur Team Cimalpes, avec des figures du ski français, comme Alexis Pinturault et Adrien Théaux, qui accompagne les athlètes durant leur carrière et les aide dans leur après-carrière en proposant potentiellement d'intégrer l'entreprise. J'ai pu avoir un premier entretien sur un poste de négociateur immobilier, basé au départ sur Serre-Chevalier, ils m'ont proposé l'opportunité d'ouvrir l'agence des Deux Alpes, où, pendant ma carrière, j’avais développé un commerce. Ça va faire un an que j'ai démarré, c'est encore très récent, mais je suis vraiment épanoui, reconnu aujourd'hui aux Deux Alpes comme étant l'ancien volleyeur de haut niveau qui fait de l'immobilier et pratique la montagne par passion, ça colle parfaitement à qui je suis, ça me permet d'être complètement authentique.
Fort de ce que tu viens de nous raconter, quel conseil donnerais-tu aujourd'hui à un joueur en activité à propos de son après-carrière ?
Je lui dirais que, s'il en a la possibilité, il faut qu'il commence à ouvrir certaines portes du monde de l'entreprise, car elles sont toujours plus simples à ouvrir quand on est encore sous le feu des projecteurs. Je luis conseillerais aussi être curieux, de s'informer sur les métiers ou les secteurs d'activité qui peuvent l’attirer, pour ne pas se retrouver, comme ça a été le cas pour moi, devant le fait accompli une fois la carrière terminée. On peut penser qu’on va s'appuyer sur notre réseau d'anciens athlètes de haut niveau et qu’avec cette casquette, des entreprises vont nous accueillir les bras grands ouverts, mais ça ne marche pas comme ça. Donc le conseil, c'est d'être proactif.
Ce sont plutôt trois périodes. La première, c’est celle avec mon seul club de Pro A (l’ancien nom de la Marmara SpikeLigue), l’Arago de Sète, où j'ai fait partie d'un collectif, au sein duquel j'ai vraiment vécu des années inoubliables, en l'occurrence Manu Ragondet, Baptiste Geiler, Marien Moreau, Justin Mistoco, Fabrice Bry, Jovica Simovski, Benjamin Toniutti… C'est plus l'aventure humaine que je retiens de cette expérience, avec beaucoup d'insouciance, de plaisir, qui nous permettait de sortir de temps en temps de belles performances alors qu’on était loin d’avoir le plus gros budget du championnat. Ensuite, forcément les années en équipe de France. Je me souviendrai toujours de ma première sélection au Venezuela en Ligue mondiale, devant 15 000 personnes, c'était marquant, et forcément de la médaille d'argent au championnat d'Europe en Turquie en 2009, avec une demi-finale d'anthologie contre la Russie (victoire 3-2), marquée par une série incroyable au service de Samica et des défenses à tout-va, avec Hubert Henno en libéro. Pour ce qui est du beach-volley, c'est clairement la période 2015-2016 pour tenter de se qualifier à Rio. On partait de loin avec Youssef (Krou) qui débarquait de la salle sans aucun background de beach, et on en a fini tout près de la qualif, en étant dans le top 15 pendant un bon moment, jusqu’à une blessure, une désinsertion du droit fémoral, qui m'a privé des terrains pendant six mois et nous a coûté cher. Même s’il n’y a pas eu la récompense au bout, on avait réussi en peu de temps à titiller le plus haut niveau.
Comment décides-tu d’arrêter ta carrière ?
Ça a été très frustrant, car c’était un moment où j'étais physiquement et mentalement super bien. En revanche, on traversait un moment compliqué, avec Youssef qui s’était blessé sur l’olympiade pour Tokyo, et surtout avec le Covid, si bien que financièrement, c'était devenu très dur pour nous, et particulièrement pour moi dans la mesure où j'avais déjà deux enfants. Je puisais dans mes ressources pour subvenir à nos besoins. Il a alors fallu que je trouve un travail pour combler le manque. Le problème, c’est que ça ne collait pas au système de la Fédé, donc soit je continuais, mais dans des conditions très précaires pour un père de famille, soit je sortais du système en trouvant mon propre chemin. C'est finalement ce stress financier qui a mis un terme même à ma carrière.
Comment as-tu alors basculé dans le « vrai » monde ?
J'avais la chance d'avoir obtenu un diplôme d'école de commerce en 2010, donc, je me suis mis à chercher un poste de commercial. J'ai pris pas mal de portes, j'étais confronté à des clichés, on ne me voyait pas travailler derrière un bureau après toutes ces années à voyager. Donc j'ai décidé de me former et je ne remercierai jamais assez cette formation, Iconoclass, qui proposait un apprentissage court avec une promesse de CDI à la clé. A condition d’aller le chercher, bien sûr. J'ai passé une quinzaine d'entretiens qui m’ont finalement permis d'avoir mon premier job en tant que commercial dans une start-up de la tech, on était alors en 2021. J’y suis resté six mois, puis neuf dans une autre start-up à Montpellier. C’étaient des jobs que je considérais comme alimentaires, parce que ce qui me faisait vibrer à ce moment-là, c'était de créer ma boîte. Du coup, en parallèle, je travaillais sur mon propre projet entrepreneurial, que j’ai finalement lancé, un concept de livraison de repas à destination des sportifs sur Montpellier. J’ai réussi à en vivre deux ans, j’ai découvert les joies et les difficultés de l'entrepreneuriat, et malheureusement, ça s’est terminé en liquidation en janvier 2025.
Comment as-tu réussi à rebondir après une telle expérience ?
Il y a eu beaucoup de remise en question. A un moment, on se rend compte que depuis l'arrêt du sport, on est sans cesse en train de se chercher, on se questionne énormément sur son identité. J’ai lu les témoignages récents de Nikola Karabatic et Steeve Mandanda qui parlent des jours d'après, on passe tous par des phases plus ou moins dépressives, au cours desquelles on se questionne : à quoi je peux servir ? Qu'est-ce qui peut me pousser à me lever le matin avec la niaque ? Et j’ai fini par avoir un alignement des planètes : j'ai toujours été attiré par le monde de l'immobilier - ma femme travaille dans cet univers – et je souhaitais évoluer dans un écosystème qui me plaisait, celui de la montagne. Un contact du volley m’a alors mis en relation avec Cimalpes, une agence spécialisée dans l'immobilier de montagne haut de gamme, avec un ADN très sportif parce qu'ils ont leur Team Cimalpes, avec des figures du ski français, comme Alexis Pinturault et Adrien Théaux, qui accompagne les athlètes durant leur carrière et les aide dans leur après-carrière en proposant potentiellement d'intégrer l'entreprise. J'ai pu avoir un premier entretien sur un poste de négociateur immobilier, basé au départ sur Serre-Chevalier, ils m'ont proposé l'opportunité d'ouvrir l'agence des Deux Alpes, où, pendant ma carrière, j’avais développé un commerce. Ça va faire un an que j'ai démarré, c'est encore très récent, mais je suis vraiment épanoui, reconnu aujourd'hui aux Deux Alpes comme étant l'ancien volleyeur de haut niveau qui fait de l'immobilier et pratique la montagne par passion, ça colle parfaitement à qui je suis, ça me permet d'être complètement authentique.
Fort de ce que tu viens de nous raconter, quel conseil donnerais-tu aujourd'hui à un joueur en activité à propos de son après-carrière ?
Je lui dirais que, s'il en a la possibilité, il faut qu'il commence à ouvrir certaines portes du monde de l'entreprise, car elles sont toujours plus simples à ouvrir quand on est encore sous le feu des projecteurs. Je luis conseillerais aussi être curieux, de s'informer sur les métiers ou les secteurs d'activité qui peuvent l’attirer, pour ne pas se retrouver, comme ça a été le cas pour moi, devant le fait accompli une fois la carrière terminée. On peut penser qu’on va s'appuyer sur notre réseau d'anciens athlètes de haut niveau et qu’avec cette casquette, des entreprises vont nous accueillir les bras grands ouverts, mais ça ne marche pas comme ça. Donc le conseil, c'est d'être proactif.






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