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(Miniature) L'interview bleue : Héléna Cazaute
Photo : Facebook / VakifBankSK
13/02/2026
L'interview bleue : Héléna Cazaute
Après quatre ans en Italie, Héléna Cazaute a pris cette saison la direction de la Turquie pour rejoindre le VakifBank Istanbul, l'un des plus grands clubs d'Europe. La période actuelle n'est pas la plus évidente, mais la capitaine des Bleues s'accroche et attend rapidement des jours meilleurs.
Avec ton équipe, vous êtes leaders du championnat turc et vous avez terminé en tête de votre groupe en Ligue des champions. Tout se passe comme prévu ?
Pour l’instant, les objectifs sont remplis. J’avoue qu’on a eu un petit peu chaud lors du match de Ligue des champions contre Scandicci, on gagne trois sets à deux (après avoir été mené deux manches à rien, ndlr), on a failli passer à la trappe, mais l’équipe a bien réagi. C’était l’objectif de terminer en tête du groupe pour essayer d’avoir ensuite un tirage un peu plus facile (le deuxième doit passer par un barrage avant les quarts de finale, ndlr). En championnat, on a juste perdu un seul match contre Eczacibasi, il y a quelques semaines, mais jusque-là c’était un sans faute. On joue bientôt contre Fenerbahçe, qui nous suit au classement. Il faudra gagner ce match, pour rester en tête et avoir l’avantage du terrain pendant les playoffs.

Au niveau individuel, comment est-ce que cela se passe ?
Honnêtement, c’est un peu compliqué. Les deux derniers mois ont été difficiles au niveau du volley. Je n’ai pas réussi à performer comme je l’aurais voulu. Mais voilà, cela fait partie de l’évolution. Il y a des moments avec et des moments sans. Je m’accroche, j’espère que la roue va tourner, et retrouver mon niveau de jeu pour la deuxième partie de saison.

Tu étais en Italie depuis quatre ans, tu découvres cette saison un nouveau club et un nouveau championnat. Comment s'est déroulée l'adaptation ?
Au début, cela s’est bien passé, j’arrivais de l’équipe de France, j’étais dans une bonne dynamique, avec la découverte d’un nouveau club. Pour tout le monde, le mois de décembre et de janvier est souvent compliqué, et cette année je le ressens un peu plus. Mais cela fait partie d’une saison, d’une évolution, il faut passer par ces moments-là pour grandir, et j’espère que ce sera mon cas. Sinon, l’adaptation s’est bien passée. Dans ce club, il y a beaucoup de choses positives, tout est fait pour la joueuse, pour qu’elle puisse penser uniquement à sa performance. A ce niveau, il n’y a rien à dire. Après, c’est vrai que j’ai passé quatre ans dans le championnat italien, j’étais habituée à jouer contre les mêmes joueuses. Il faut s’adapter aux filles qui sont en face. Mais je suis contente du choix que j’ai fait de venir ici.

Peux-tu comparer le championnat italien et le championnat turc ?
Je pense que le championnat italien a légèrement baissé de niveau cette année, avec cinq ou six équipes qui se battent pour ne pas descendre. En Turquie, il y a vraiment quatre ou cinq grosses équipes qui peuvent gagner les unes contre les autres. Ensuite, les matchs contre les équipes de bas de tableau sont relativement faciles, si l’on compare à l’Italie. Cela permet aux grosses équipes de tourner, de faire jouer un peu tout le monde.

"Avec les Bleues, on a envie de se retrouver !"

Comment se passe la vie à Istanbul ?
C’est une ville immense ! Les premières semaines, je me suis dit que cela allait être un peu compliqué avec le trafic, tu peux mettre 10 minutes pour aller à l’entraînement comme 40. Il a fallu s’habituer, mais j’ai appris à vivre avec Waze dans les mains pour savoir quand il faut partir (rires). Mais sinon, la ville est incroyable, il y a toujours quelque chose à faire ou à découvrir.

Vous jouez souvent deux fois par semaine, as-tu eu le temps de visiter la ville ?
J’ai pu aller du côté européen, car nous sommes situés du côté asiatique. Avec les mosquées notamment, il y a beaucoup de choses à voir côté européen. C’est vraiment sympa, mes parents ont pu venir pendant quelques jours. Il y a vraiment mille choses à faire, tout le temps, tout est ouvert, le dimanche comme le lundi. La ville ne dort à jamais, et en plus le temps est agréable, il fait toujours au moins 10 ou 15 degrés. Il a neigé une fois mais dès le lendemain il faisait de nouveau 10 degrés.

En ce qui concerne l'équipe de France, le calendrier de la Ligue des nations (VNL) a été dévoilé récemment. Arrives-tu à te projeter vers l'été qui arrive ?
On est assez content de ce tirage en VNL. L’été dernier, on avait beaucoup voyagé, c’était assez fatigant. Cette fois, on va en Serbie et en Turquie, c’est mieux pour la récupération. Et on va découvrir aussi le Canada, cela va être sympa. Ensuite, notre objectif est assez clair, c’est de se qualifier pour le Final 8. Il faudra qu’on soit bien présent sur chaque étape, avec cet objectif en tête. C’est sur la deuxième étape qu’on a le programme le plus difficile a priori, mais on verra, parce que chaque année, certaines équipes font tourner en VNL. Je pense qu’il faut surtout que l’on se concentre sur nous. Ensuite, pour l’Euro, je pense que l’objectif sera d’aller en quarts ou en demi-finales. C’est beau d’avoir ce genre d’objectifs, ce n’était pas le cas il y a quelques années. On s’écrit de temps en temps sur le groupe, en se disant qu’on a hâte. C’est beau ce qu’on a fait l’année dernière (quart de finale au championnat du monde, ndlr), on a envie de se retrouver !