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"Ce
n'est pas une journée de repos, c'est un jour sans compétition pour
les joueurs,
précise aussitôt Jocelyn Trillon, entraîneur adjoint de Philippe
Blain. Avec Mickaël Parchemin, le "scout" de l'équipe
de France, il vient encore d'éplucher des centaines de données et
d'images. Ce matin, les joueurs ont pu dormir généreusement. Après
le déjeuner et la traditionnelle sieste, huit joueurs ont rejoint
la salle Atatürk d'Izmir pour une séance d'entraînement animée par
Philippe Blain et Olivier Lecat. Jean-Paul Andréa, le Kiné et
Jacques Blanc l'inamovible médecin des Bleus - il a intégré
le staff en 1986 alors que Philippe Blain était international -
étaient aussi de la partie. Ils n'ont pas eu à intervenir pendant
cette séance. Personne ne s'en plaindra. Les autres joueurs ont
suivi un programme individualisé de récupération à l'hôtel. Avec à
la baguette le préparateur physique, Jean Sengès, qui officie habituellement
au Creps de Boulouris.
Samedi, avant le France - Russie, la
vidéo va encore tourner pour présenter le fameux plan de jeu
qui conditionne l'approche tactique du match et donne des indications
aux joueurs. Ce plan est établi par Philippe Blain qui s'appuie
sur les données de ses équipiers : ses adjoints Olivier Lecat et
Jocelyn Trillon, ainsi que du statisticien Mickaël Parchemin
qui explique son rôle : "pendant les matches on saisi tout
ce qui se passe dans le jeu dans le logiciel Mercury. Les statistiques de l’équipe
de France et de notre adversaire. Cela consiste à faire des cotations
sur service - réception - passe - attaque - block - défense."
Et après ? Les données sont croisées avec la vidéo et synchronisées
via un time-code. Jocelyn Trillon explique : "le
but est de pouvoir réaliser des
montages vidéo sur des séquences précises, en fonction des items choisis. Elles
permettent ensuite aux coaches de faire des montages et de préparer
les plans de jeu. Auparavant on utilisait deux magnétoscopes pour faire le
montage. On y passait nos nuits."
Jocelyn
Trillon, Joss pour les intimes, se concentre sur le jeu des passeurs.
"Le notre et celui de nos adversaires. En fonction du type de réception
et du moment du match, peuvent alors se dégager des grandes tendances
qui seront annoncées dans le plan de jeu."
C'est Olivier Lecat qui réalise les montages dédiés aux passeurs.
Ensuite, on débriefe en réunion et c'est Philippe Blain qui choisit l’ensemble des éléments qu’il veut donner
aux joueurs. Mickaël Parchemin, baptisé du très recherché Papyrus,
précise aussi : "des
joueurs peuvent avoir des requêtes
particulières. Se revoir, avoir un feed-back différent sur leur réussite et
leurs échecs, de mieux comprendre pourquoi ils ont fait ce choix. Les entraîneurs
s'en servent aussi pour leur proposer des pistes de travail."
Et
Jocelyn Trillon de raconter que depuis le dernier week-end de Ligue
Mondiale, il communique différemment avec Olivier Lecat qui se trouve
sur le banc avec Philippe Blain. "Je
travaille sur le jeu de notre passeur et, à travers d'un réseau
entre nos deux ordinateurs, je lui envoie des informations en live.
Olivier reçoit aussi toutes les statistiques de Papyrus avec les
trajectoires. C'est plus simple d'utilisation que les oreillettes, surtout dans
une grosse ambiance. L'écrit permet de conserver une trace et d'y
revenir."
Auparavant, ces informations pouvaient être échangées par talkie-walkies.
"On
peut travailler sur dizaine de matches pour décortiquer le
jeu de notre adversaire, détaille
Mickaël Parchemin. Le logiciel utilisé Mercury est une déclinaison
de Volleysoft créé par Lionel Bonnaure qui a aussi travaillé en équipe de France.
Il avait répondu à une commande de Pierre Laborie. Ce logiciel possède
aussi l'avantage d'être utilisé avec un stylet et d'indiquer le
lieu où est effectuée la passe. Mais le logiciel ne "fait"
pas tout. "Par
exemple, on ne peut pas visualiser si le passeur avance ou recule
en faisant la passe."
Le staff des Bleus a le projet d'améliorer encore ses outils
qui aident à la décision ajoutés à l'expertise du coach et de son
feeling. "Oui
mais mon métier est d'abord d'entraîner, je ne suis pas informaticien,
lâche
Trillon. Surtout,
rien ne remplacera l'oeil de la vidéo."
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