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23/01/2026
L'interview bleue : Antoine Brizard
Après quatre ans à Piacenza, Antoine Brizard s'est envolé à la fin de l'été dernier pour le Japon, désireux de découvrir un nouveau Championnat et une autre culture. Le passeur d'Osaka Bluteon, actuellement deuxième de la SV.League, et de l'équipe de France raconte sa découverte du Japon.
Peux-tu nous raconter ta découverte du Championnat japonais ?
Je suis arrivé dans ce club avec des attentes élevées, parce que j’en avais entendu parler en bien par mon agent et par Laurent Tillie (qui l’entraînait jusqu’à la saison dernière), et en fait, c’est même encore mieux que ce que j'imaginais ! C’est hyper pro, le club fait tout pour moi et pour ma femme, les infrastructures sont super, le club est exceptionnel, c’est très agréable. Ensuite, le championnat a une énorme visibilité, il y a du monde partout. Notre équipe est sans doute la plus populaire, donc les salles sont remplies partout. Comme nous sommes basés à Hirakata, entre Osaka et Kyoto, nous délocalisons beaucoup de matchs à Osaka car notre salle habituelle est limitée à 3 000 places, nous jouons donc dans des enceintes pouvant accueillir jusqu'à 8 000 ou 9 000 personnes. C’est très organisé, très fort en termes de marketing. Et niveau ambiance, c’est très différent de ce qu’on connaît en Europe, calme, respectueux, avec un public majoritairement féminin, il doit y avoir 90% de femmes, c’est intéressant de se confronter à quelque chose de très nouveau. Quant au jeu, ça correspond à ce que l’on connaît du volley japonais au niveau international, à savoir que c’est technique et que ça défend beaucoup. Comme ils attendent beaucoup des joueurs étrangers, même des joueurs qui seraient moins en vue en Europe ont tout de suite de grosses responsabilités, ils attaquent énormément de ballon, ce qui les met en confiance. Ça donne de bons matchs et le rythme est soutenu avec, chaque semaine, des matchs tous les samedis et dimanches. Physiquement, c’est dur, mais c’est un rythme à prendre.
Comment s'est passée ton intégration et comment communiques-tu avec tes coéquipiers, notamment avec la barrière de la langue ?
Je suis le seul Européen avec le coach (Tuomas Sammelvuo), après, il y a Lopez qui est cubain, un Philippin (Bryan Bagunas) et un Chinois (Shikun Peng), c’est un peu compliqué, parce que personne ne parle bien anglais dans l’équipe, il y a pas mal de joueurs avec lesquels je ne peux pas du tout communiquer. Nous avons une traductrice, mais elle s’occupe beaucoup de l'entraîneur car elle doit tout traduire ce qu’il dit. Même si on s’entend super bien. c’est un peu spécial, ça m’était aussi arrivé en Russie (à Saint-Pétersbourg). Maintenant, ils m’ont tous super bien intégré.
As-tu dû adapter ton jeu au style japonais ?
Non, mais je me rends compte qu’ils défendent tous énormément, donc pour être au niveau, j’ai dû faire des efforts (sourire). En fait, dès le début, ils m’ont mis super à l’aise. Ils ont énormément de respect pour moi, donc quand je suis arrivé, j’ai senti que c’était spécial pour eux de jouer avec moi et qu'ils attendaient que je développe encore plus mon côté physique et offensif pour soulager l'équipe offensivement, quelque chose que j’ai plutôt tendance à « brider » quand je suis en équipe de France ou en Europe. Là, j’ai déjà fait deux matchs à 10 points, c’est quelque chose qui est attendu de ma part.
Je suis arrivé dans ce club avec des attentes élevées, parce que j’en avais entendu parler en bien par mon agent et par Laurent Tillie (qui l’entraînait jusqu’à la saison dernière), et en fait, c’est même encore mieux que ce que j'imaginais ! C’est hyper pro, le club fait tout pour moi et pour ma femme, les infrastructures sont super, le club est exceptionnel, c’est très agréable. Ensuite, le championnat a une énorme visibilité, il y a du monde partout. Notre équipe est sans doute la plus populaire, donc les salles sont remplies partout. Comme nous sommes basés à Hirakata, entre Osaka et Kyoto, nous délocalisons beaucoup de matchs à Osaka car notre salle habituelle est limitée à 3 000 places, nous jouons donc dans des enceintes pouvant accueillir jusqu'à 8 000 ou 9 000 personnes. C’est très organisé, très fort en termes de marketing. Et niveau ambiance, c’est très différent de ce qu’on connaît en Europe, calme, respectueux, avec un public majoritairement féminin, il doit y avoir 90% de femmes, c’est intéressant de se confronter à quelque chose de très nouveau. Quant au jeu, ça correspond à ce que l’on connaît du volley japonais au niveau international, à savoir que c’est technique et que ça défend beaucoup. Comme ils attendent beaucoup des joueurs étrangers, même des joueurs qui seraient moins en vue en Europe ont tout de suite de grosses responsabilités, ils attaquent énormément de ballon, ce qui les met en confiance. Ça donne de bons matchs et le rythme est soutenu avec, chaque semaine, des matchs tous les samedis et dimanches. Physiquement, c’est dur, mais c’est un rythme à prendre.
Comment s'est passée ton intégration et comment communiques-tu avec tes coéquipiers, notamment avec la barrière de la langue ?
Je suis le seul Européen avec le coach (Tuomas Sammelvuo), après, il y a Lopez qui est cubain, un Philippin (Bryan Bagunas) et un Chinois (Shikun Peng), c’est un peu compliqué, parce que personne ne parle bien anglais dans l’équipe, il y a pas mal de joueurs avec lesquels je ne peux pas du tout communiquer. Nous avons une traductrice, mais elle s’occupe beaucoup de l'entraîneur car elle doit tout traduire ce qu’il dit. Même si on s’entend super bien. c’est un peu spécial, ça m’était aussi arrivé en Russie (à Saint-Pétersbourg). Maintenant, ils m’ont tous super bien intégré.
As-tu dû adapter ton jeu au style japonais ?
Non, mais je me rends compte qu’ils défendent tous énormément, donc pour être au niveau, j’ai dû faire des efforts (sourire). En fait, dès le début, ils m’ont mis super à l’aise. Ils ont énormément de respect pour moi, donc quand je suis arrivé, j’ai senti que c’était spécial pour eux de jouer avec moi et qu'ils attendaient que je développe encore plus mon côté physique et offensif pour soulager l'équipe offensivement, quelque chose que j’ai plutôt tendance à « brider » quand je suis en équipe de France ou en Europe. Là, j’ai déjà fait deux matchs à 10 points, c’est quelque chose qui est attendu de ma part.
"On est à notre place"
Peux-tu nous parler de la formule du Championnat et êtes-vous, selon toi, dans les clous de vos objectifs avec votre deuxième place actuelle ?
On joue énormément de matchs, au moins quatre fois dans la saison régulière contre chaque équipe, et il y en a trois ou quatre qu’on affronte à six reprises. En tout, on n'est pas loin des 50 matchs de saison régulière. Les deux premiers vont directement en demi-finales, les équipes de trois à six jouent les quarts. On est deuxièmes à la moitié du Championnat derrière les Suntory Sunbirds, qu’on a déjà joués quatre fois. Nous avions gagné le match d’ouverture, cela faisait dix matchs que Bluteon n’avait pas battu Suntory, c’était super important, on les a aussi affrontés deux jours après être rentrés du Championnat du monde des clubs, on n’était alors pas en condition de les embêter. Sur le papier, je pense qu’ils sont un cran au-dessus de nous, mais nous avons prouvé que nous avions les armes pour les battre. Je ne sais pas si nous irons en finale, mais je pense qu’avec eux, nous sommes les deux équipes un peu au-dessus des autres, même si les deux clubs de Nagoya, ceux de Steph Boyer (Stings Aichi) et Tim (Timothée Carle, Wolfdogs) ne sont pas loin. Je pense qu’on est à notre place aujourd'hui, on n’aurait pas pu faire beaucoup mieux.
Tu parlais du Championnat du monde des clubs, vous avez atteint la finale, ce qu’aucun club japonais n’était jusqu’ici parvenu à faire, était-ce au-delà de vos attentes ?
Je n’avais aucune idée de comment on allait se comporter là-bas. On jouait très bien au Japon, mais c’était très dur d’imaginer notre niveau par rapport aux autres clubs. C’était au Brésil donc depuis le Japon, c’est pire que si nous en France, on allait en Australie, avec douze heures de décalage horaire, c’était horrible ! Il y avait donc beaucoup de conditions qui faisaient que j’avais des doutes sur ce que nous pouvions espérer. Et en fait, on a vraiment très bien joué et on a montré qu’on était capables avec notre style d’embêter les meilleures équipes du monde. Je ne savais pas du tout comment on allait se situer par rapport à Sada Cruzeiro et on les a vraiment éteints en une heure en jouant très très bien. Pareil sur le deuxième match de la poule contre Pérouse, on ne perd que 23-21 au tie-break, c’était vraiment important pour notre confiance de voir qu’on était capables de produire ça. Cette confiance nous a permis de battre Zawiercie 3-0 en demi-finale, donc même si on a perdu en finale (3-0 contre Pérouse), c’était vraiment positif comme expérience et super important pour le club et pour le volley japonais de faire une médaille d'argent.
Comment se passe la vie sur place ?
Il y a eu un peu trois phases. Quand on est arrivés, on était super excités de tout, parce que tout est nouveau, et en même temps très déstabilisant, parce qu’on ne comprend vraiment rien. Quand tu vas au supermarché, par exemple, tu es perdu, ne serait-ce que pour comprendre si tu achètes du liquide vaisselle ou du gel douche, ce ne sont pas du tout les mêmes packagings, pas les mêmes marques. Donc on a eu cette première phase où on était vraiment excités dès qu’on bougeait, c’était cool. Ensuite, assez vite, on a eu un petit « down » en se disant que c’était quand même culturellement très loin de ce qu’on avait l’habitude de vivre. Ici, on a souvent l’impression que les gens paraissent tristes, tout doit rester en harmonie avec le groupe, donc personne n'affirme vraiment sa personnalité en public, tout le monde s’habille un peu pareil, personne ne dépasse vraiment du groupe. Par rapport à ce qu’on connaît en Europe ou dans les pays latins, c’est très déstabilisant. La troisième phase, que nous vivons actuellement, est très riche, parce que, par l’intermédiaire de Ghislain, le guide qui nous avait accompagnés avec l’équipe de France quand on avait préparé les JO de Tokyo à Okinawa et vit maintenant à Kyoto avec sa famille, nous avons fait connaissance de toute la communautré francophone de Kyoto. Nous avons aussi rencontré une famille de Japonais, dont la femme, Anna, est fan de culture française et parle parfaitement français. Du coup, elle nous donne des cours de japonais, mais aussi nous explique les coutumes, les comportements, on comprend beaucoup mieux comment ils vivent et pensent. Et plus on la côtoie, plus on passe du temps dehors - sachant qu’ici, je m’entraîne tous les matins, donc j’ai tous les après-midi libres -, plus on comprend certaines choses, c’est vraiment agréable. Comme le club est entre Osaka et Kyoto, qui forment une mégalopole, on va beaucoup à Kyoto qu’on adore.
On joue énormément de matchs, au moins quatre fois dans la saison régulière contre chaque équipe, et il y en a trois ou quatre qu’on affronte à six reprises. En tout, on n'est pas loin des 50 matchs de saison régulière. Les deux premiers vont directement en demi-finales, les équipes de trois à six jouent les quarts. On est deuxièmes à la moitié du Championnat derrière les Suntory Sunbirds, qu’on a déjà joués quatre fois. Nous avions gagné le match d’ouverture, cela faisait dix matchs que Bluteon n’avait pas battu Suntory, c’était super important, on les a aussi affrontés deux jours après être rentrés du Championnat du monde des clubs, on n’était alors pas en condition de les embêter. Sur le papier, je pense qu’ils sont un cran au-dessus de nous, mais nous avons prouvé que nous avions les armes pour les battre. Je ne sais pas si nous irons en finale, mais je pense qu’avec eux, nous sommes les deux équipes un peu au-dessus des autres, même si les deux clubs de Nagoya, ceux de Steph Boyer (Stings Aichi) et Tim (Timothée Carle, Wolfdogs) ne sont pas loin. Je pense qu’on est à notre place aujourd'hui, on n’aurait pas pu faire beaucoup mieux.
Tu parlais du Championnat du monde des clubs, vous avez atteint la finale, ce qu’aucun club japonais n’était jusqu’ici parvenu à faire, était-ce au-delà de vos attentes ?
Je n’avais aucune idée de comment on allait se comporter là-bas. On jouait très bien au Japon, mais c’était très dur d’imaginer notre niveau par rapport aux autres clubs. C’était au Brésil donc depuis le Japon, c’est pire que si nous en France, on allait en Australie, avec douze heures de décalage horaire, c’était horrible ! Il y avait donc beaucoup de conditions qui faisaient que j’avais des doutes sur ce que nous pouvions espérer. Et en fait, on a vraiment très bien joué et on a montré qu’on était capables avec notre style d’embêter les meilleures équipes du monde. Je ne savais pas du tout comment on allait se situer par rapport à Sada Cruzeiro et on les a vraiment éteints en une heure en jouant très très bien. Pareil sur le deuxième match de la poule contre Pérouse, on ne perd que 23-21 au tie-break, c’était vraiment important pour notre confiance de voir qu’on était capables de produire ça. Cette confiance nous a permis de battre Zawiercie 3-0 en demi-finale, donc même si on a perdu en finale (3-0 contre Pérouse), c’était vraiment positif comme expérience et super important pour le club et pour le volley japonais de faire une médaille d'argent.
Comment se passe la vie sur place ?
Il y a eu un peu trois phases. Quand on est arrivés, on était super excités de tout, parce que tout est nouveau, et en même temps très déstabilisant, parce qu’on ne comprend vraiment rien. Quand tu vas au supermarché, par exemple, tu es perdu, ne serait-ce que pour comprendre si tu achètes du liquide vaisselle ou du gel douche, ce ne sont pas du tout les mêmes packagings, pas les mêmes marques. Donc on a eu cette première phase où on était vraiment excités dès qu’on bougeait, c’était cool. Ensuite, assez vite, on a eu un petit « down » en se disant que c’était quand même culturellement très loin de ce qu’on avait l’habitude de vivre. Ici, on a souvent l’impression que les gens paraissent tristes, tout doit rester en harmonie avec le groupe, donc personne n'affirme vraiment sa personnalité en public, tout le monde s’habille un peu pareil, personne ne dépasse vraiment du groupe. Par rapport à ce qu’on connaît en Europe ou dans les pays latins, c’est très déstabilisant. La troisième phase, que nous vivons actuellement, est très riche, parce que, par l’intermédiaire de Ghislain, le guide qui nous avait accompagnés avec l’équipe de France quand on avait préparé les JO de Tokyo à Okinawa et vit maintenant à Kyoto avec sa famille, nous avons fait connaissance de toute la communautré francophone de Kyoto. Nous avons aussi rencontré une famille de Japonais, dont la femme, Anna, est fan de culture française et parle parfaitement français. Du coup, elle nous donne des cours de japonais, mais aussi nous explique les coutumes, les comportements, on comprend beaucoup mieux comment ils vivent et pensent. Et plus on la côtoie, plus on passe du temps dehors - sachant qu’ici, je m’entraîne tous les matins, donc j’ai tous les après-midi libres -, plus on comprend certaines choses, c’est vraiment agréable. Comme le club est entre Osaka et Kyoto, qui forment une mégalopole, on va beaucoup à Kyoto qu’on adore.
"On va vraiment se lancer
vers les Jeux de de Los Angeles"
vers les Jeux de de Los Angeles"
As-tu eu le temps de croiser Tim et Stephen ?
Comme on a joué deux fois deux matchs contre son équipe, j’ai vu Steph, c’était trop bien, il est très bon et épanoui, ça m’a fait trop plaisir de le voir bien. Et Tim, on joue pour la première fois contre Nagoya ce week-end, mais je crois qu’il est blessé, malheureusement. On n'a pas réussi à se voir encore en dehors.
Finissons par l’équipe de France, la saison internationale à venir te paraît-elle loin ou y penses-tu déjà ?
Non, bien sûr que j’y pense, ça va être comme d’habitude une saison importante, avec le premier premier ticket pour aller aux JO qui va se jouer sur le Championnat d’Europe (le vainqueur se qualifiera), une VNL à jouer avant et une nouvelle génération à continuer à intégrer. L’été dernier, il y avait une aventure à finir avec le Championnat du monde, là, il y en a une nouvelle à commencer, donc c’est excitant aussi, on va vraiment se lancer vers les Jeux de de Los Angeles.
La déception du Championnat du monde a-t-elle été difficile à digérer ?
Oui et non. Non parce que je pense qu’on a fait tout ce qu’il fallait pendant la prépa. On a certainement eu trop de vacances sur cet été, mais on en avait tous besoin et en année post-olympique, toutes les équipes font comme ça, c’était indispensable, en particulier pour les joueurs qui sont parents. Mais une fois qu’on est revenus, on a tous fait ce qu’il fallait pour qu’on arrive prêts aux Philippines. Malheureusement, on a eu des pépins physiques qui nous ont coûté la qualif. Quand tu fais tout pour que ça marche et qu’à la fin, ça ne se passe pas comme tu l’imaginais, il faut l’accepter, ça fait partie du sport, on a déjà connu ça auparavant et ça s’est très bien fini. Donc franchement, je n’ai pas vraiment de regrets sur cet été et le fait de partir juste après au Japon, où tout était nouveau, m’a vite remis dans autre chose et m’a fait du bien. J'ai en revanche été très déçu et triste pour ceux qui vont arrêter.












